« Pour la France, le redressement des finances publiques sera bien plus difficile que lors des précédentes crises de la dette »
Le Monde
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Le poids de plus en plus élevé de la dette publique en France conduit les experts de tous bords à s’interroger : ce surendettement chronique peut-il se transformer en crise financière ? Même des économistes keynésiens – qui défendent l’usage de la dépense publique pour soutenir l’économie – commencent à s’inquiéter du risque d’une perte de contrôle. Régulièrement, aux fins de dissiper l’incertitude, les économistes étudient les crises du passé, pour trouver des remèdes aux difficultés d’aujourd’hui. Les historiens contemplent parfois avec scepticisme les parallèles dressés entre les crises financières passées et la situation actuelle. Comment comparer des périodes historiques aux configurations économiques, financières, monétaires, politiques, sociales et géopolitiques si différentes ? On peut cependant le faire, mais à condition de prendre en compte l’ensemble des faits et de les analyser sur la durée. Depuis l’Ancien Régime et jusqu’au milieu du XXe siècle, les épisodes de fort endettement étaient surtout liés à la guerre : celle qu’on fait, celle qu’on prépare, celle qu’on répare. L’endettement était financé pour l’essentiel par l’épargne nationale, mobilisée avec succès par l’émission de bons du Trésor à partir de 1915 ou par des emprunts à long terme (Pinay, Giscard, Balladur...). Certes l’appel à l’emprunt étranger existait, mais il était ponctuel et limité. Aujourd’hui comme hier, le secteur public français parvient à se financer sur les marchés sans rencontrer de difficultés réelles (si ce n’est la hausse des taux d’intérêt), mais l’équilibre de sa dette a néanmoins fortement changé : la part souscrite par les épargnants français ne représente plus qu’une moitié du total. Les niveaux de dette d’aujourd’hui sont certes très importants (plus de 100 % du PIB) mais moins élevés que les pics des trois derniers siècles (de l’ordre de 200 %, voire plus). Reste qu’autrefois l’endettement public, en points de PIB, retrouvait assez rapidement un niveau acceptable en quelques années, souvent aidé par l’inflation et la dévaluation (quand ce n’était pas par le défaut de paiement, comme en 1720 et en 1797). Alors qu’aujourd’hui le haut niveau d’endettement perdure depuis plusieurs décennies, sans connaître de stabilisation, et encore moins de diminution. Il vous reste 72.9% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
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