Disparition de Medhi Narjissi : la fragile ligne de défense de la FFR
Sudouest
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D’après nos informations, son président, droit dans ses bottes, récuse toutes responsabilités. La disparition de Medhi Narjissi est à mettre sur le compte de la décision des deux encadrants de la sélection des U18 à ce moment-là, le préparateur physique, Robin Ladauge, et le manager Stéphane Cambos. L’un pour avoir été à l’initiative d’une séance de récupération à Dias Beach, plage notoirement dangereuse du cap de Bonne-Espérance, l’autre pour ne pas l’avoir empêchée. Mais ce que cherche à cerner le juge d’instruction est ailleurs et tient en une question : le cadre posé par la FFR lors de ce séjour des U18, joueurs mineurs, n’était-il pas à ce point défaillant qu’il a pu indirectement conduire à ce drame ? Ce n’est pas l’avis de Florian Grill. Les politiques de sécurité sportive des stages fédéraux ? La FFR n’y intervient à aucun moment, elles incombent à la DTN (Direction technique nationale) dont l’autorité hiérarchique est le ministère des Sports, répond Grill. Tout en précisant que la DTN n’a pas plus de responsabilité dans la disparition de Medhi Narjissi que la FFR, le président de la Fédé renvoie systématiquement vers elle. Les « décisions opérationnelles concernant les stages fédéraux » appartiennent à son périmètre, « les normes de conduite et de sécurité » également, la validation des plannings et des stages, le contrôle des intervenants, la prévention des risques pour telle ou telle activité, la composition du staff, c’est encore la DTN sur laquelle il n’a pas d’autorité. Je ne vois pas la moindre responsabilité de la FFR ou de la DTN dans la disparition tragique de Mehdi ; sa disparition s’explique par les décisions prises sur place » Ce n’est pas l’avis de la Cour des comptes, pour laquelle, dans son rapport de novembre 2025, le président de la FFR a bel et bien une autorité fonctionnelle sur la DTN. À la question du magistrat qui demande dans quel cadre, Ladauge et Cambos, tous deux agents de l’État, travaillaient, le président de la FFR convient qu’ « ils agissaient dans le cadre de leur mission fédérale dans la mesure où la DTN n’a pas de personnalité morale ». Une activité piscine notée au planning Cependant Grill insiste : « Ce n’est pas mon style de ne pas assumer mes responsabilités si je pensais que d’une manière ou d’une autre que la FFR, la DTN ou moi-même avions la moindre responsabilité. Si j’en avais eu une j’aurais été le premier à le dire mais en mon âme et conscience, je ne vois pas la moindre responsabilité de la FFR ou de la DTN dans la disparition tragique de Mehdi ; sa disparition s’explique par les décisions prises sur place. » Cette ligne de défense, selon laquelle la FFR n’est pas associée de près ou de loin à ce qu’il se passe en Afrique du Sud, se trouve fragilisée par de nombreux faits. C’est le vice-président de la FFR qui signe les convocations des joueurs. Des employés de la FFR figurent par ailleurs dans le staff. Le team manager qui assure la logistique du voyage et du séjour est également un cadre de la FFR. Le voyagiste, qui transporte la sélection le 7 août, adresse ses factures à la FFR. C’est encore la fédé qui finance le séjour des U18 en Afrique du Sud. Enfin, la FFR a accès au programme officiel.
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