Élection présidentielle de 2027 : loin de Paris, Gabriel Attal la joue comme Jacques Chirac et lance la bataille du centre face à Édouard Philippe
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Ces dernières quarante-huit heures, c’est un hommage franc et direct – une captation d’héritage grinceront ses détracteurs –, qu’il a rendu à l’ancien président. Ce samedi, à Saint-Geniez-d’Olt-et-Aubrac, il a ainsi accompagné le départ des troupeaux en transhumance. Avec au menu : danse traditionnelle, accordéon et petit-déjeuner salé aveyronnais. Gabriel Attal au milieu des vaches, c’est le chiraquisme revisité. Et l’ex-socialiste, révélation des années Macron, ne s’est pas contenté de ce seul clin d’œil appuyé. La marque du terrain En 2002, Jacques Chirac avait confirmé sa candidature à la présidentielle à la faveur d’un déplacement à Avignon, où il avait répondu à une question de la maire Marie-Josée Roig. 24 ans plus tard, Gabriel Attal a procédé de la même manière. Dans le village de Mur-de-Barrez, sur ces terres aveyronnaises où il a passé ces deux derniers jours, il a attendu que le maire Renaissance Pierre Ignace lui demande s’il comptait se présenter pour confirmer ses intentions. Bien sûr la ficelle était grosse, mais cette déclaration de candidature gardera la marque du terrain, loin du sérail parisien, loin d’une annonce en solitaire dans le cadre d’une interview. “Jusqu’en décembre, Attal et Philippe devraient faire campagne chacun de leur côté” « Il n’y a pas eu de fausses notes, observe Frédéric Dabi, le directeur général de l’Ifop. Il a opéré une triple distinction. La première face à Emmanuel Macron et aux reproches qui lui sont faits d’être loin du pays. La deuxième est face à lui-même et à son image, celle de l’école alsacienne, son côté parisien même si sur cette dimension de la proximité, il est plutôt bien noté. Il faut se souvenir de son premier déplacement auprès des sinistrés du Pas-de-Calais lorsqu’il a été nommé à Matignon. Enfin, la troisième concerne Edouard Philippe, qui est déjà déclaré mais qui a choisi de prendre son temps. » La référence à Jacques Chirac peut-elle s’inviter un peu plus dans cette campagne, comme tente de le faire, sur un autre créneau, Dominique de Villepin, son ex-Premier ministre ? « Attal n’est pas Chirac, personne n’est dupe, répond Frédéric Dabi. Avant 1995, Chirac a été maire de Paris pendant 18 ans, Chirac, c’est un enracinement. Attal, lui, joue l’accélération, voire le saut générationnel. Le candidat idéal de 2027 sera en décalage total avec Macron. Et si Chirac n’est pas Macron, la comparaison s’arrête vite. » Meetings Une certitude : en actant sa candidature à la présidentielle, Gabriel Attal lance aussi la bataille du centre avec Edouard Philippe, le président d’Horizons, conforté lui par sa réélection à la mairie du Havre. « Attal a un socle de popularité élevé, c’est un ingrédient important mais pas essentiel, précise Frédéric Dabi. En revanche, il est très fort chez les femmes et plus faible chez les hommes. Mais surtout l’acte lourd que les Français retiennent de lui, ce n’est pas Matignon, c’est son passage à l’Éducation nationale où ils lui reconnaissent de l’efficacité en particulier sur harcèlement scolaire et l’abaya qui lui a donné une dimension de fermeté. »
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